Genèse de Toc Toc à la porte

Genèse de Toc Toc à la porte

TOC TOC À LA PORTE

UNE COLOCATION, QUATRE AMIS ET… UNE PORTE.

Histoire improvisée d’une colocation où les vérités ne sont bonnes à dire que sur scène…

Les quatre comédiens vont s’amuser réellement avec les non-dits, les secrets, les quiproquos. Comment ? Grâce à cette porte sur scène qui les séparent des coulisses.

TOUT CE QUI SE JOUE SUR SCÈNE RESTE SUR SCÈNE.

Derrière cette porte, dans cette pièce isolée du public, les comédiens sont placés dans un silence total, casque anti bruit sur les oreilles.

Les comédiens veulent interrompre une scène et lancer la suivante ?

Facile : TOC TOC À LA PORTE.

LE SPECTACLE IMPROVISÉ OÙ LE PUBLIC EN SAIT ET EN VOIT TOUJOURS PLUS QUE LES COMÉDIENS.

« Je souhaitais créer un spectacle improvisé qui permet aux comédiens de vivre l’instant présent avec intensité, tout en les mettant dans une situation d’incertitude et d’absence de contrôle. Pour donner au public une place véritablement centrale, lui seul connait toute l’œuvre qui s’improvise sous ses yeux. Il a presque plus une place de voyeur que de spectateur. Contrairement aux comédiens, il connait et a conscience de 100% de la pièce. »

Cédric Martinez à propos de « Toc toc à la porte ».

 

 

GENÈSE DE TOC TOC À LA PORTE

Une belle gestation de six années pour réaliser et obtenir le spectacle que Cédric Martinez visualisait dans son imagination.

L’idée a germé au Québec. En février 2012, la troupe est en tournée pour faire du match d’improvisation.

Je suis désigné par mon équipe pour jouer une improvisation. L’arbitre s’avance pour nous énoncer la catégorie et le défi de cette scène, quand un de mes partenaires s’amuse à me boucher les oreilles. Je n’entends plus les consignes de l’arbitre… Ce qui me marque à ce moment-là, ce sont les regards étonnés, médusés du public. Mon partenaire me libère. Je prends place sur scène, l’arbitre me demande de me mettre en fond de scène, dos au public et les yeux fermés. Cette catégorie se nomme « aveugle de génie » : en trente seconde, je devais reproduire une improvisation de trente secondes précédemment jouée par mon adversaire, le tout en me basant uniquement sur le son…

Ce soir-là je comprends que le public aime être voyeur, en savoir plus que le comédien, avoir peur pour lui…

Je suis depuis toujours inspiré par la méthode de Michael Chekhov. Visualiser les objets, les personnages, les déformer mentalement : avec les années, c’est devenu ma façon de créer. Quand j’invente un nouveau format, je le joue en imagination, je me mets à la place d’un spectateur qui regarde son propre spectacle. Lors d’un atelier de travail, je me retrouve tout à fait par hasard isolé de la scène par une porte. Je me suis alors rendu compte qu’en rejoignant une histoire déjà démarrée sans savoir ce qui s’est joué auparavant, je me retrouve dans les mêmes conditions qu’au Québec… Je ne sais pas ce que je vais jouer, mais je ressens une douce appréhension.

Toc toc à la porte prend doucement forme et vie…

La recette de ce spectacle est simple. Une porte, en guise de metteur en scène et de scénariste. Un public voyeur qui en sait plus que les comédiens. Un code de jeu réduit au minimum : un coup frappé à la porte pour mettre fin à la scène en cours, le nombre de coups suivants indique le nombre de comédiens que l’on veut voir sortir de la scène. Puis une nouvelle scène démarre.

En mars 2014, c’est la première de « Toc toc à la porte ». Nous faisons nos premiers pas avec lui. Le format plait énormément au public, mais laisse un arrière-goût d’insatisfaction aux comédiens. Ne pas connaitre tous les tenants et aboutissants de notre œuvre nous empêche de la finaliser ensemble, de lui donner une unité… Eté 2016, j’ai la chance de me rendre à Chicago, dans le temple de l’improvisation américaine : le IO theater. Un lieu mythique créé par Del Close, l’homme qui a inventé l’impro à l’américaine et inspiré tant d’humoristes et stand uppeurs de son pays.

J’y découvre un jeu organique, ultra-positif, du jeu situationnel et relationnel, fondé sur une extrême confiance en ses partenaires. Un seul leitmotiv : « vivre l’instant présent ». Chaque scène est un sketch, pas d’histoires uniques comme dans une pièce de théâtre.

C’est le déclic et la solution à notre spectacle : nous ne pouvions pas jouer une histoire avec du sens et des enjeux dramatiques sans connaitre les scènes de tous nos partenaires… Je fais le lien avec les films choraux comme Paris de Cédric Klapisch, Le Prénom d’Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte.

Pas de héros, pas une seule et même histoire, mais une galaxie de possibilités à jouer pour un public qui, le temps d’une soirée, en voit plus et en sait plus que les comédiens. Le tout dans une ambiance rappelant la série américaine Friends, avec des personnages amicaux, attachants, drôles et touchants à la fois.

 

 

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