Stand up story


Notre Lyon stand up story


Quand avez-vous décidez de devenir humoriste ?

Assif : D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé faire rire ma famille, mes camarades et tous les gens qui m’entourent. Je crois que je tiens ça de mon père. C’était un homme qui avait toujours un mot gentil mais surtout drôle pour ses semblables.

En grandissant, j’ai nourri cet état d’esprit, le fait d’avoir la blague qui fait mouche dans n’importe quelle situation (positive ou négative).

Cédric : Depuis mon enfance, j’aime raconter des histoires plus hallucinantes les unes que les autres, de pousser les blagues jusqu’à leur limite. J’adore croiser les vérités et les mensonges dans mes histoires. L’école, le collège et le lycée sont des super-laboratoires pour travailler ses vannes et affuter ses punchlines, au moins l’Éducation national m’a servi à quelque chose de productif.

 

Votre premier pas vers votre rêve ?

Assif : J’ai eu des collègues qui m’encouragent à monter sur scène, mais ma propre insécurité me dicte le contraire, de peur d’être jugé, de peur à ne pas être accepté pour qui je suis.

Après différentes activités qui m’ont libéré, je décide de sauter le pas à Toulouse pour me lancer dans le théâtre d’improvisation en 2010.

J’arrive à Lyon en 2012, j’intégre les ateliers “Et compagnie pendant deux ans, puis j’enchaine avec les ateliers des Impro Space Gones en 2015, troupe que je n’ai plus quittée depuis.

 

Cédric : Je vis encore à La Rochelle à l’époque, en 2007, j’écris un one man entier (depuis vingt ans, je suis sur ce premier one man), et je décide de faire une scène ouverte. Une véritable première scène de cauchemar, je transpire, je bafouille, je loupe mes effets et j’ai un trou noir de 5 minutes que je comble en dansant sur scène. Bilan je dois travailler, travailler, travailler les personnages, la mise en scène, mon phrasé, mes vannes, mon rythme…du coup j’arrête d’y penser et je découvre l’improvisation, où le texte n’existe pas et du coup plus de trou de mémoire sur scène.

 

Quel est l’humoriste qui déclenche en vous l’envie de faire de l’humour ?

Assif : En parallèle de l’impro, je me suis intéressé au stand up et à l’humour. C’est en découvrant Russell Peters, humoriste canadien d’origine indienne dans son spectacle “Red, White and Brown” que la graine de monter seul sur scène en tant que humoristes est plantée. J’ai pris une claque en regardant ce spectacle, dans le train m’emmenant à Lyon, car il rigole avec les gens et non d’eux; leurs différences, leurs origines sont sa matière pour faire rire le public. Il s’efforce de faire des recherches sur les différentes cultures pour pouvoir en rigoler mais sans jamais manquer de respect.

 

Cédric : Il y a une tonne d’artiste que j’adore, mais jamais au point d’être fan. L’humour à mon niveau, c’est vital, au sens figuré comme propre, l’humour m’a sorti de situation très compliqué (en soirée, au travail, avec les femmes). Je crée du lien social via la vanne, c’est plus qu’une addiction, c’est dans mon ADN.

Pourquoi et qu’est-ce qui vous plaît dans le stand up ?

Assif : La graine du stand up commence à germer, j’enchaîne les spectacles en tant que spectateur et il y en a un qui me marque (je vais le voir 7 fois), c’est celui d’Antoine Schoumsky, “Schoumsky au parloir”, Il donne envie, sur scène de créer une multitude de personnages, de me dépasser sur ma folie naturelle et la laisser s’exprimer sur scène.

Cédric : C’est à cause de l’école, encore. La meilleure vanne du monde n’existe pas sans un public ultra-réactif, voire intrusif. La notion d’échange est une source de vanne, on s’adapte en temps réel, si je suis un peu trop trash sur une réplique, la seconde suivante je mets un peu de comique de situation, un personnage avec une voix spéciale, on raccroche avec tout le monde.

Le one man c’est comme une pièce de théâtre écrite, une fois lancé le spectacle ne s’arrête plus. Alors que le stand up c’est comme avec l’impro, on joue en temps réel avec les réactions du public, on s’adapte, on doit être affuté, et chaque nouvelle expérience à son lot d’inconnue. Ensuite j’ai un stand upper que j’adore même si je ne suis pas du tout dans ce style d’humour c’est Jimmy Carr, ses spectacles sont constitués que de punchlines, non stop sans aucune connexion les unes aux autres, c’est très bluffant, sujet pirouette punchline et on passe à un autre sujet, je suis fan aussi des cinq minutes qu’il offre au public pour se faire insulter, unique.

Quand décidez-vous de passer de l’impro à l’écrit ?

Assif : C’est en août 2018, après avoir écouté pendant de longues heures le podcast de Louis Dubourg (Un café au lot 7) que je commence à griffonner mon premier texte.

Mon envie de monter sur scène pour présenter mon travail se fait ressentir. J’en parle à Cédric et on décide de se renseigner sur les différents plateaux sur Lyon. C’est à ce moment que le Point nommé pointe le bout de son nez. J’ai l’habitude de faire des spectacles d’impro dans ce lieu et quand les patrons me contactent pour monter notre plateau d’humoriste, je panique. Je leur dis que je n’ai même pas deux minutes de vannes et qu’ils veulent que je gère un plateau. Je laisse passer les fêtes de fin d’années 2018 et en janvier, on les recontacte pour leur dire ok pour l’aventure. C’est comme ceci que le plateau d’humoriste les Gones du Rire a été crée.

Cédric : Cela fait quinze ans que je griffonne des sketchs sans passer le pas. L’impro m’a libéré du poids de l’échec et de l’erreur sur une scène, en impro ces deux éléments sont aujourd’hui des sources de créativité, si quelque chose ne se passe pas comme prévu sur mon set de stand up, c’est plus un problème qui va m’empêcher de continuer, c’est une impulsion qui va me remettre dans l’instant présent et surement m’offrir un instant de vanne que personne ni moi n’avait prévue. Du coup aujourd’hui plus que jamais j’ai envie de jouer de l’écrit pour m’amuser avec mes peurs et mon côté obscur.

Votre style d’humour et de stand up c’est quoi ?

Assif : Mon envie de stand up est bien là et je cherche l’inspiration chez les artistes déjà installés et confirmés comme Chris Rock, Louis C.K,

mais c’est avec “Killin’ them softly” de Dave Chappelle que je prends, encore une fois, une énorme claque.

J’ai vu la puissance et la portée que pouvaient avoir des blagues sur le public mais surtout j’ai compris que :

“le rire pouvait être universel et pouvait rassembler les gens.”

Cédric : Comme en impro, le stand up en France à trente ou quarante ans de retard. Mes mentors sont tous anglophone, si je dois en mettre un seul comme celui que j’aimerais être sur scène ou je me retrouve en lui, c’est George Carlin

La plupart de ses sketchs sont encore d’actualités aujourd’hui, j’adore son ton agressif, antisystème, limite anarchiste, ils défoncent tout avec intelligence, avec philosophie, il te fait réfléchir et évidemment il est drôle. On n’est pas dans du rire toutes les 10 secondes, alors que je recherche cela, surement par manque de confiance en moi, je rêve de jouer en France comme George Carlin.

Je suis aussi fan comme Assif de Louis CK, j’aime ses colères, sa provocation avec son public, sa façon de nous faire vivre son quotidien. Il ne raconte pas de blague, il raconte sa vie.

J’adore le style de Ricky Gervais, c’est du trash noir très classe, à l’anglaise. Il est espiègle, il prend son pied à obtenir des “Ouuuu”qui font mal ou qui mettent mal à l’aise.

Racontez votre première scène à Lyon 

Cédric : c’est en mars 2019 au Point nommé, mon premier sketch est sur le fond de gilets jaune afin de mettre en avant ma lâcheté face au danger. C’est ouf, j’ai la baraka, quasiment toutes mes vannes passent, je suis vraiment bien dans mes pompes ce jour-là, calme et confiant (ce n’est pas le cas à chaque fois). En impro, l’histoire prime sur le rire, si les gens rigolent c’est cool, mais on est dans l’histoire on ne peut pas décrocher et savourer ses moments. Avec le stand up tu provoques ce rire à l’instant voulu, si rire il y a c’est une mini victoire tu récupères les rires du public, tu le savoures et on continue le sketch. C’est addictif, tu te sens le roi du monde quand cela match.

Où voir les Gones du rire :

LE POINT NOMMÉ

26 Cours Suchet 69002 Lyon

Réservation téléphone : 09 87 10 34 32

Site internet : http://pointnomme.com

Un Leitmotiv

Vivre ou mourir, mourir de rire ou vivre pour rire. Le pire serait de mourir sans rire.

Une règle d'or

Rire de soi et le meilleur chemin pour rire des autres

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